Interrupteurs différentiels : combien, quel type et quel calibre ?

Sommaire
- Combien d'interrupteurs différentiels ?
- Type A, AC ou F : lequel pour quel circuit
- Identifier le type sur l'appareil
- 40 ou 63 A : calculer le calibre
- La règle de l'amont
- La règle de l'aval
- Pourquoi le 100 A ne sert à rien dans un logement
- Répartir les circuits, pas seulement les compter
- Les erreurs les plus fréquentes
- À retenir
Combien d'interrupteurs différentiels faut-il dans un tableau, et lequel choisir entre le type A, le type AC et le type F ?
La NF C 15-100 y répond par trois contraintes : un nombre minimum, un plafond de circuits par différentiel, et des types imposés selon les appareils protégés. Reste le calibre, qui relève d'un calcul.
Combien d'interrupteurs différentiels ?
Deux au minimum sur le tableau principal, quel que soit le nombre de circuits. Huit circuits au maximum sous chacun : au neuvième, un différentiel supplémentaire devient nécessaire.
Le nombre de circuits divisé par huit, avec un plancher de deux, donne donc le minimum. Les types exigés par certains appareils ne le font pas nécessairement monter : un type F couvrant tout ce que couvre un type A, un seul différentiel de type F peut protéger à la fois la pompe à chaleur, la plaque de cuisson et le lave-linge. Un logement de quatorze circuits comportant ces trois appareils tient ainsi sous deux différentiels.
Le minimum n'est pas pour autant l'optimum. Plus les circuits sont distribués, moins un défaut coupe de choses à la fois, et plus la recherche de panne est rapide. Aucun texte ne l'impose, mais ce que je préconise est de prévoir un interrupteur différentiel par rangée.
Type A, AC ou F : lequel pour quel circuit
Les trois types ne détectent pas les mêmes fuites de courant.
| Type | Ce qu'il protège |
|---|---|
| Type A | La plaque de cuisson et le lave-linge. |
| Type F | Les appareils à variateur ou à compresseur : PAC air-air, PAC air-eau, chauffe-eau thermodynamique, climatisation. |
| Type AC | Tout le reste : éclairages, prises, volets, chauffe-eau électrique classique. |
Les trois types forment une hiérarchie : le type F couvre tout ce que couvre un type A, qui couvre lui-même tout ce que couvre un type AC. La plaque de cuisson et le lave-linge peuvent donc être raccordés indifféremment sous un type A ou sous un type F, et un tableau comportant déjà un type F pour une pompe à chaleur n'a pas besoin obligatoirement d'un type A en plus.
L'inverse est faux, et c'est ce qui fonde la non-conformité la plus répandue : un lave-linge raccordé sous un type AC n'est pas protégé contre les fuites de courant continu pulsé.
Les places restantes sous le type A et sous le type F n'ont pas vocation à rester vides. Des circuits ordinaires peuvent y être raccordés, dans la limite des huit. Ouvrir un différentiel supplémentaire alors que les précédents sont à moitié remplis consomme des modules et alourdit le tableau sans rien apporter.
Ce tableau reprend le logement de quatorze circuits évoqué plus haut. Deux différentiels auraient suffi, un type F réunissant alors la pompe à chaleur, la plaque et le lave-linge. Les étaler sur trois, un par rangée, coûte un interrupteur différentiel de plus et réduit d'autant ce qu'un défaut met hors service.
Identifier le type sur l'appareil
Première surprise pour qui cherche à vérifier un tableau existant : le type n'est presque jamais écrit en toutes lettres sur l'appareil. Aucun « A », aucun « F ». Il se lit sur un ou deux petits pictogrammes encadrés, situés près du bouton de test, et c'est leur nombre autant que leur dessin qui donne la réponse.
Les appellations commerciales d'avant la normalisation désignent le même produit : Hpi chez Legrand, HI chez Hager, SI chez Schneider. Une même référence est d'ailleurs encore vendue sous les deux noms selon les distributeurs, « type Hpi » chez l'un et « type F » chez l'autre.
Le calibre en ampères, la sensibilité en milliampères et la référence du fabricant figurent également en façade. En cas de doute sur un tableau existant, c'est cette référence qui tranche.
40 ou 63 A : calculer le calibre
Le calibre n'a rien à voir avec la sensibilité. Celle-ci reste de 30 mA et protège les personnes ; le calibre, lui, est l'intensité que l'appareil peut laisser passer sans s'échauffer. Les fabricants en proposent de 25 à 100 A, mais un tableau de logement n'emploie en pratique que du 40 A et du 63 A.
La NF C 15-100 admet de le justifier par l'une ou l'autre de deux règles.
La règle de l'amont
Le calibre de l'interrupteur différentiel doit être au moins égal à celui du disjoncteur de branchement, celui que pose le distributeur en tête d'installation. Avec un branchement réglé à 60 A, tous les différentiels doivent donc être des 63 A.
C'est la règle la plus simple, et celle qui explique pourquoi tant de tableaux résidentiels n'alignent que des 63 A. Elle ne demande aucun calcul et reste valable quoi qu'on branche ensuite.
La règle de l'aval
L'autre voie consiste à regarder ce qui est réellement raccordé sous le différentiel. Personne ne fait tourner sa plaque, son four, son lave-linge et tous ses éclairages à pleine charge en même temps : les calibres s'additionnent donc avec une pondération.
Calibre ≥ 1 × (somme des calibres du chauffage et de l'eau chaude sanitaire) + 0,5 × (somme des calibres de tous les autres circuits)
| Coefficient | Circuits concernés |
|---|---|
| × 1 | Chauffage électrique et eau chaude sanitaire : radiateurs, chauffe-eau, chauffe-eau thermodynamique, PAC air-air, PAC air-eau, chaudière, climatisation |
| × 0,5 | Tous les autres, plaque de cuisson et four compris |
Sur la première rangée du croquis : la plaque 32 A compte pour 16, le lave-linge 20 A pour 10, le four 20 A pour 10 et l'éclairage 10 A pour 5. Total 41, soit un 63 A. Quatre ampères de moins et un 40 A aurait suffi.
C'est la seule des deux règles qui permette de descendre à du 40 A, donc moins cher, sur les rangées peu chargées.
Pourquoi le 100 A ne sert à rien dans un logement
Le disjoncteur de branchement d'un logement ne dépasse pas 60 A. En monophasé, c'est le plafond de l'abonnement 12 kVA, le plus élevé disponible avant de basculer en triphasé. Et en triphasé, le calibre s'entend par phase : un abonnement de 36 kVA, le maximum courant, correspond là encore à 60 A par phase.
Aucun différentiel d'un tableau de logement n'aura donc jamais à laisser passer plus de 60 A. Si la règle de l'aval donne un résultat supérieur à 63, inutile de chercher un 100 A : le 63 A reste justifié par la règle de l'amont, et l'installation ne pourra de toute façon pas appeler davantage.
Répartir les circuits, pas seulement les compter
Un tableau peut respecter le nombre, les types et les calibres tout en restant mal conçu. Le cas le plus courant : tous les circuits d'éclairage groupés sous un même différentiel. Une fuite de courant sur l'un d'eux plonge alors le logement entier dans le noir, sans éclairage pour rejoindre le tableau.
La norme demande de répartir les circuits d'éclairage, et de même les circuits de prises, dès lors que le tableau compte plusieurs différentiels. Sur le croquis, les quatre circuits d'éclairage sont distribués sur les trois. Un défaut ne prive alors qu'une partie du logement.
Les erreurs les plus fréquentes
- Le lave-linge sous un type AC. De loin la plus répandue, et une non-conformité caractérisée.
- Un différentiel unique sur un petit tableau, alors que le minimum est de deux.
- Neuf circuits ou plus sous le même différentiel, parce qu'il restait de la place sur le peigne.
- Tous les éclairages groupés au même endroit, et le logement entier dans le noir au premier défaut.
- Un 40 A sous un branchement 60 A, sans avoir fait le calcul de l'aval, seul à pouvoir le justifier.
À retenir
- Deux interrupteurs différentiels 30 mA au minimum, huit circuits chacun au maximum.
- Plaque et lave-linge sous un type A, PAC et climatisation sous un type F, le reste en type AC.
- Le type F couvre le type A : un différentiel F peut donc réunir la pompe à chaleur, la plaque et le lave-linge.
- Le type ne s'écrit pas sur l'appareil, il se lit aux pictogrammes : deux encadrés côte à côte signalent un type F.
- Calibre : au choix la règle de l'amont (au moins le disjoncteur de branchement) ou la règle de l'aval (somme pondérée des circuits). Le plus prudent est de retenir la plus élevée des deux.
- Éclairages et prises répartis sur plusieurs différentiels, jamais groupés sur un seul.
Si vous préparez votre installation, je conçois des kits électriques sur-mesure : les circuits sont calculés, les différentiels dimensionnés et le tableau arrive câblé et testé. Décrivez-moi votre projet, je vous fais un devis.

Réalisez vous-même
votre installation électrique
Avec Tutolec, chaque étape de votre projet devient un jeu d'enfant :
- Conformité garantie
- Tutoriels pas-à-pas
- Accompagnement jusqu'à la mise sous tension
- Jusqu'à 60 % d'économies
Articles similaires

Le Consuel, c'est quoi ?
Pourquoi est-il obligatoire ? Combien ça coûte ? Comment le passer facilement ? On vous explique tout dans l’article ! ⚡🛠️

ETEL et GTL : comprendre ces éléments clés
Découvrez en détail à quoi servent l’ETEL et la GTL, leurs exigences réglementaires, leur composition, et les bonnes pratiques à respecter.

Mise à la terre : Guide complet
Indispensable et souvent négligée, la mise à la terre protège contre les risques électriques. Méthodes, matériel, bonnes pratiques : on vous guide simplement. 🧰🔍